Traitement des pièces en aluminium.

Texte écrit par J.Martin.

Un des moyens le plus simple d'améliorer une présentation est la peinture.

Il existe à l'heure actuelle des peintures en ''Spray'' qui donnent une finition parfaite.

Quelques conseils: travaillez hors poussière et ne pas vouloir donner une deuxième couche trop rapidement, laissez sécher chaque couche intermédiaire et donnez 2 à 3 couches, dans un local bien aéré et écartez tout objet se trouvant dans le plan de travail.

 

C'est avec le traitement de surface que nous obtiendrons le plus beau résultat soit par ponçage, morsure ou l'anodisation. Si une plaque d'aluminium nue et parfaitement polie est d'un très bel aspect, il est rare que cet aspect se conserve indéfiniment au fil des ans.

 

Le ponçage.

 

Ce procédé s'apparente au ponçage du bois. Avant de l'entreprendre, le panneau à poncer devra être terminé en s'assurant que tous les composants s'y adapte facilement.

 

Enlever ensuite tous ces éléments et attachez fermement le panneau à une épaisse planche en bois très plane. Le fixer avec des vis à bois à tête plate ou fraisée de façon qu'elles ne dépassent pas la surface du panneau.

Etendre sur l'aluminium une légère couche d'huile de machine pour obtenir un graissage uniforme. Prendre un bloc de bois dur et l'envelopper d'une feuille de papier abrasif, poncer en larges mouvements uniformes.

 

Avec un peu d'habitude on verra la grosseur de grain qui donne le meilleur résultat. Pour finir laver soigneusement et sécher.

 

Les inscriptions se feront de préférence avec des lettres à décalquer et l'on pulvérisera sur le panneau une couche de vernis incolore.

 

La morsure.

 

Elle donne à l'aluminium un aspect doux et givré d'un très bel effet. On l'obtient en immergeant la plaque d'alu dans une solution de lessive de potasse (demi tasse de potasse dans un litre d'eau froide). La plaque préalablement poncée, doit être débarrassée de l'huile et de tous les résidus du ponçage à l'eau savonneuse. La solution de potasse est extrêmement corrosive et peut causer des brûlures très profondes. Attention aux éclaboussures et au contact avec la peau.  C'est pour cette raison que l'eau froide est spécifiée. L'eau chaude accélère la réaction, d'où augmentation du danger.

 

Travaillez avec une ventilation adéquate et choisir un récipient en plastique ou en porcelaine, se munir de gants pour manipuler la plaque ou la suspendre au moyen de fils de nylon. Une fois immergée, un bouillonnement prononcé apparaîtra. C'est une réaction normale. Le temps requis pour la morsure dépend évidement de la concentration et de la température de la solution. Normalement 30minutes d'immersion suffisent, mais il n'est pas rare d'avoir des temps compris entre 15 minutes et deux heures. Après morsure, un rinçage soigné à l'eau s'impose. Enlever les dépôts noirâtres avec un chiffon imbibé de vinaigre, laver à nouveau et sécher. L'application des décalques et une pulvérisation de vernis transparent complètent l'opération.

 

L'anodisation.

 

C'est le roi incontesté des procédés de traitement de l'aluminium.

 

Aussi étrange que cela paraisse, l'équipement et les connaissances sont excessivement simples.

 

Il faut d'abord se munir d'un récipient en plastique, pyrex ou en aluminium.

Le récipient en aluminium a l'avantage de pouvoir servir directement de cathode. Sinon prendre une feuille en aluminium très mince et en tapisser la cuve de façon à pouvoir y connecter le négatif de la pile.

 

Naturellement, ceci sera fait avant d'introduire la solution d'acide sulfurique dans le récipient. Si la feuille d'aluminium à tendance à se soulever sous l'effet de l'air emmagasine, la lester à l'aide de quelques petites pierres qui la maintiendra au fond de la cuve.

 

N'importe quel matériau non conducteur fera l'affaire pour supporter l'anode, un simple morceau de bois, par exemple. Les crochets de suspension seront fait à partir de ruban plat ou de fil d'aluminium. Industriellement on utilise des crochets de plomb ou de titane; pour nous autres amateurs, l'aluminium est plus facile à trouver.

 

Faisons nous une règle et rappelons que tout ce qui doit entrer en contact avec la solution doit être en aluminium.

 

Les fils d'alimentation devront faire une section d'au moins 20/10.

 

Des clips de batterie à chaque extrémité faciliteront les connexions. Faire attention à ne pas tremper les clips et le fil de cuivre dans le bain (l'acide sulfurique dilué attaque le cuivre). Un interrupteur pouvant couper une dizaine d'ampères sera inséré dans un des fils d'alimentation.

 

Une batterie de voiture de 12 vols conviendra pour l'alimentation à condition qu'elle puisse délivrer 5 ampères minimum.

 

La solution se prépare en mélangeant 1 volume d'acide sulfurique dans 8 volumes d'eau. Cette formule est valable pour l'acide sulfurique industriel, d'aspect noirâtre, que l'on trouve dans le commerce.

 

Toujours verser l'acide lentement dans l'eau.

 

Placer la plaque à anodiser de façon à ce qu'elle soit recouverte par le bain.

 

Le contact du positif de la batterie se fait facilement par les crochets de maintient. Se rappeler que la plaque doit avoir subi ponçage ou morsure au préalable. Toutes traces de peinture ou de vernis sont à proscrire.

 

Avant de procéder aux essais, voyons d'un peu plus près en quoi consiste l'anodisation: lorsqu'il est exposé à l'oxygène de l'air, l'aluminium pur se recouvre aussitôt d'une très légère couche d'oxyde d'alumine. L'anodisation a pour but d'augmenter l"épaisseur de cette couche protectrice. Ne pas confondre avec la galvanoplastie où une couche métallique est déposée sur un métal. L'oxyde d'alumine ainsi formé a plusieurs particularités intéressantes. Il est très dur, il résiste à l'abrasion, sa conduction électrique est nulle. Ceci peut ne pas sembler être un avantage lorsqu'il s'agit de faire des connexions de masse, la couche naturelle d'alumine de l'aluminium est également non conductrice. Il faut sur ce métal appuyer fortement les touches de l'ohm-mètre pour voir s'établir la conduction.

Cette dernière propriété va nous servir pour apprécier la réussite de l'anodisation. En effet, au bout de 10 à 15 minutes, coupons l'arrivée de courant continu, sortons la plaque avec précaution, et après un lavage soigné et séchage, plaçons les pointes de l'ohm-mètre. Même sur sa plus haute échelle, nous lirons une résistance infinie. Une autre caractéristique intéressante de la couche est sa porosité, qui pourrait faire craindre une mauvaise résistance du revêtement à l'épreuve du temps. En fait, il n'en est rien. Ces pores microscopiques seront bouchés hermétiquement après ''cuisson' de la plaque pendant un court instant dans de l'eau bouillante. Ce scellement des pores est réellement une transformation chimique des cellules d'a1203 en A1203.h20. quand l'eau se combine avec l'oxyde d'alumine les pores se remplissent d'eau.

 

Industriellement on met à profit, cette propriété pour donner à l'aluminium anodisé un éclat métallique richement coloré et indélébile.

 

Il suffit avant cuisson de tremper la plaque pendant quelques minutes dans une eau additionnée de colorant.

 

On trouve dans les commerces spécialisés en produits chimiques des colorants en poudre. Une dilution de 0,1 à 10 grammes par litre est suffisante dans la plupart des cas suivant l'intensité de la couleur à obtenir. Les pores se remplissent d'eau colorée, donnant ainsi à la plaque une teinte d'aspect métallisé. L'opération se fait à une température ne dépassant pas 60 degré pendant une dizaine de minutes, afin que les pores ne se referment pas. Il est ainsi toujours possible de recommencer l'opération si la teinte obtenue ne convient pas. Une fois le résultat obtenu, les pores d'alumine sont refermés tout en emprisonnant le colorant par cuisson à l'aveu bouillante, rendant ainsi la teinte indélébile.

 

La plaque peut recevoir ensuite les décalques et vernis comme précédemment expliqué.

 

Il existe encore d'autres procédés, mais ceux-ci entre dans le domaine de l'industrie.

 

                                     

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